Le clown relationnel



LES ARSOUILLES

Le clown relationnel®


en milieu hospitalier

  1. Ce qu'il n'est pas

Ce n'est pas un clown de spectacle, un clown animateur qui vient faire rire par des pitreries ou qui réalise des tours de magie.


  1. Ce qu'il est


  • C'est un clown qui vient simplement dire bonjour.
  • L'objectif de la démarche consiste à établir des soins relationnels, des soins d'accompagnement par la voie du clown.
  • Cette démarche impose un grand respect du patient et de son état à cet instant précis.
  • Le clown relationnel vient avec le souci d'apporter un bien être au patient, c'est pourquoi il prend le temps d'écouter, sans questionner.
  • Le clown entre donc d'abord en relation avec les personnes hospitalisées, il les apprivoise en douceur.
  • Il essaie de prévenir, d'accompagner leurs peurs, leurs inquiétudes, leur détresse.
  • Il tente de les aider à mieux supporter la maladie, l'hospitalisation, les traitements.
  • La relation s'établit généralement avec humour, par la magie du clown, elle permet bien souvent de dédramatiser et de faire évoluer certaines situations pénibles vers le sourire et l'apaisement.
  • C'est l'art de « gai-rire »
  • Cet art favorise certains effets thérapeutiques, le jeu, l'humour et la magie du clown, les moments de complicité, de joie et de plaisirs partagés sont réparateurs pour les patients, pour leur famille et aussi pour le personnel soignant.


  1. Á qui s'adresse le clown relationnel


  • Á toutes les personnes hospitalisées dans les services de pédiatrie, gériatrie, soins palliatifs.
  • Aux personnes âgées dans les maisons de repos (personnes désorientées, atteintes de la maladie d'Alzheimer et autres démences )
  • Aux enfants et adultes différents (handicapés, autistes)


  1. Le clown relationnel en pédiatrie


  • Dans les rencontres avec un enfant,  l'adulte impose trop souvent ce qu'il  est, surtout au niveau de la communication non-verbale à laquelle l'enfant est tellement sensible et réceptif.
  • Il n'est pas du tout évident pour les adultes d'entrer dans le monde de l'enfant, dans sa anière de comprendre les choses.
  • Le clown relationnel est une des rares démarches de soins relationnels adaptées à la psychologie des enfants et à leur manière de communiquer et de comprendre.
  • C'est par le jeu et l'imaginaire que les jeunes enfants comprennent le monde qui les entoure et leurs manières d'être en relation privilégient :

le langage du corps

la comminication non verbale

l'affectivité

l'imaginaire

la spontanéité

le jeu

  • Ce sont les mêmes modes d'être en relation que l'on retrouve chesz le clown relationnel.
  • Toute maladie ou accident, toute hospitalisation est – on l'oublie trop souvent – une épreuve, une crise de vie, source de nombreuses souffrances morales (peurs, angoisses...) pour l'enfant et ses proches
  • Les soins techniques (centrés sur la maladie) ne suffisent pas.
  • Á côté de ceux-ci, il est essentiel de donner une place aux soins relationnels (centrés sur le malade) car ils préviennent les risques de séquelles psychiques de l'hospitalisation, de la maladie et des traitements et ils accompagnent les souffrances des enfants et de leur famille.
  • Le jeu occupe une place centrale dans la vie d'un jeune enfant ; il est sa voie principale pour comprendre le monde et résoudre ses conflits intérieurs.
  • L'état de jeu est un des fondements essentiels du clown relationnel ; il permet d'entrer dans l'imaginaire de l'enfant.
  • Le jeu partagé avec l'enfant lui permet de mieux supporter sa maladie, l'hospitalisation ou les traitements parfois pénibles et d'alterner les moments où il est contraint à la passivité, quand il subit les soins, avec ceux où il redevient sujet actif de sa guérison.


  1. Le clown relationnel en gériatrie


  • Le mot vieillissement inclut - il est souvent utile de le rappeler - celui de "vie         ".
  • Oui, la vie continue au grand âge; avec ses deuils et ses pertes, ses joies et ses états de détresse, ses besoins et ses tâches spécifiques.
  • La pratique du clown relationnel a fait découvrir combien les personnes âgées, par delà leur détresse, restent souvent disponibles pour la joie, le rire et le sourire.
  • Cette démarche favorise l'alliance thérapeutique avec les parts vives du patient.
  • La rencontre avec les clowns leur (re)donne « en-vie » : envie de marcher (pour ceux qui refusent des soins de kinésithérapie par exemple), envie de danser et de chanter, envie de se raconter et de se partager, … envie de vivre !
  • La visite des clowns est vécue comme un événement qui laisse des traces dans les mémoires.
  • L'objectif principal des soins relationnels est de prévenir et d'accompagner les souffrances morales des patients, qui s'expriment sous des formes et des symptômes diverses : mutisme, repli autistique, attitude de refus (nourriture, soin) et de rejet, comportement agressif ou violent, tristesse et état dépressif…


  1. L'organisation d'une sortie


  • Chaque sortie ne s'improvise pas, elle nécessite différentes étapes avant d'aller à la rencontre des malades.
  • La rencontre avec le personnel soignant pour savoir les personnes chez qui on peut ou ne pas aller ou chez qui il serait bien de passer.
  • L'habillage, où chaque clown choisit ses vêtements en fonction de son humeur du jour et de ses envies du moment. Chaque clown doit être à l'aise dans son corps.
  • Le maquillage va aussi dépendre de l'humeur de chaque clown. Les couleurs sont toujours le blanc, le noir et le rouge.
  • La préparation qui consiste à retrouver et à rentrer dans la peau du clown par des exercices de relaxation (massages, étirements); par des jeux de mots (charades, carbistouilles); par des jeux de mouvements...
  • Le rituel du nez où le clown va fermer les yeux, poser son nez et l'ajuster. Ce rituel est le signal de «l'état clown». Á partir de ce moment, chacun est clown et cet état perdurera tout le temps que celui-ci gardera son nez.
  • La prise de contact avec les autres clowns, chacun se présente, dit son nom de clown et entre en état de jeu avec les autres.
  • Le clown fait toujours partie d'une équipe, il ne fonctionne jamais seul. Cela pour se ressourcer, se nourrir de l'autre … ce qui implique une grande complicité entre chaque clown.
  • Chaque sortie dure de 1H30 à 2H. Elle se termine par une évaluation. Chaque clown peut alors partager son ressenti, son vécu qu'il ait été agréable ou pas.

Éventuellement, il fait part de certaines de ses observations au personnel soignant.


  1. Comment devient-on clown relationnel ?

Par une formation de 33 jours étalés sur 1 voire 2 ans et répartis en 3 modules

  • Le premier module de 10 jours consiste en une meilleure connaissance et conscience de soi car elle seule permet de mieux se respecter et ainsi de mieux respecter les patients.

C'est une formation/transformation sur le plan personnel et professionnel

  • Le second module de 10 jours sensibilise aux fondements du clown relationnel ; par des exercices, des jeux, la personne apprend à être en empathie corporelle et ludique avec les autres. Ce module débouche sur 2 journées de « baptême » en institution (la première en gériatrie et la seconde dans les services de pédiatrie)
  • Le troisième module consiste en 13 jours de pratique supervisée dans différentes institutions.

Les créateurs de la démarche du «clown relationnel»® sont Christian MOFFARTS et Françoise CAMUS.

Renseignements : Institut du Clown Relationnel et de la Clown-thérapie (ICRCT). Liège


  1. Formations continuées

Le clown relationnel doit sans arrêt se remettre en question car prendre soin des personnes malades, âgées ou différentes implique de prendre régulièrement le temps d'un travail sur soi ; pour une meilleure relation à soi et aux autres.